A proximité immédiate de la mosquée Mouassine, dans le quartier ancestral des grandes familles marrakchies,
la plus vieille habitation de la medina recensée à Marrakech - datée de la fin du xve, debut xvie -,
délaissée et même en partie "squattée", s'était depuis trop longtemps endormie, d'un sommeil qui hélas rongeait ses murs ...
Dar Cherifa a été restaurée dans le respect de son architecture originelle
gràce aux différents corps de métiers artisanaux oeuvrant avec des techniques séculaires
et des matériaux traditionnels.
Arabesques en stuc et bois de cèdre sculpté autour d'un patio vertical confère à cette maison
un caractère à la fois imposant et raffiné. L'architecture saadienne associe ici avec un réel
bonheur la rigueur de la médersa Ben Youssef et les décors colorés des palais princiers.
L'aura de spiritualité qui imprègne si fortement les murs est à l'origine du nom "dar cherifa" : la maison sainte, car il fallait qu'elle soit bénie par les cieux pour traverser les siècles.
Aussi et surtout : au delà du sauvetage d'un chef d'oeuvre en péril, la restauration entreprise
était également la promesse de faire revivre le passé culturel de la maison.
Au delà de l'écrin de l'édifice, il fallait y faire vivre les hommes.
Centre culturel & café littéraire
La renaissance du fleuron architectural serait en effet restée inachevée sans un nouveau souffle de son empreinte
culturelle. A la fin du xix, habitait ici le Fqih Jimmi (Said ben Mohamed ben Ahmed Jimmi)
iman de la mosquée des chorafa de Mouassine, de celle de Sidi Ishaq, et encore
de la zaouia Abbasia ; il cultivait la poésie et la littérature, et fut de son temps
considéré comme un savant encyclopédique.
En novembre 2001, c'est entre ces vieux murs ressucités qu'a été célébré le classement
de la place Jemaa El Fna comme Patrimoine Oral de l'Humanité. Tout un symbole.
Aujourd'hui, expositions de peintres ou de sculpteurs, rendez-vous littéraires ou concerts d'un soir,
accueil de conteurs, ateliers de calligraphie ou de céramique, se succédent au fil des mois
conférant à Dar Cherifa un statut d'acteur culturel majeur de la ville rouge, un authentique lieu
de vie et de rencontre ouvert à tous.
Autour d'un thé à la menthe, ou d'un jus de fruits frais vous pourrez feuilleter à Dar Cherifa -gratuitement ! - des ouvrages sur le Maroc, puis découvrir l'exposition du moment.
Inch allah, vous pourrez même discourir avec
Abdellatif Aït Ben Abdallah, le maître de maison, ou Larbi Safaa, l'animateur culturel ...
Une pause repas est également possible (de 12 à 16 h), histoire de prolonger votre halte dans cet havre de paix.